22/03/09

Le petit bouffon est mort [La journée de la jupe]

Pour son énième retour au cinéma (ou presque puisque La journée de la jupe était initialement destiné au petit écran), Isabelle Adjani frappe très fort. Après avoir éclipsé par son extravagante tenue son metteur en scène et attisé l’imagination du public et les quolibets de la presse lors de la Cérémonie des Globes de cristal en février dernier (lire à ce propos le très joli texte de CinéManiaC ), elle prouve ici si besoin était, qu’à défaut d’avoir su vieillir gracieusement, son talent d’actrice est intact. Nonobstant, il nous est parfois difficile de supporter la vision de son visage bouffi par les toxines.
Dans le rôle d'un professeur de collège dans une ces banlieues dites sensibles, camée aux antidépresseurs, tentant quoiqu’il lui en coûte d’inculquer un peu de la beauté de la langue de Molière à des élèves récalcitrants, où elle se montre enfin sans fard ni artifice, son évidente implication* et son jeu singulier empreint de théâtralité font tout l’intérêt de La journée de la jupe, qui possède malheureusement les défauts de ses bonnes intentions.
Contrepoint idéal (par son traitement abrupt et mal élevé) au film de Laurent Cantet, Entre les murs, dont il pourrait passer pour le remake nihiliste et claustrophobe, La journée de la jupe (huis clos étouffant d’où sourd une sombre angoisse) a le mérite de poser une foultitude d’excellentes questions — sur l’éducation, l’intégration et les clivages communautaires entre autres — sans prétendre donner de leçons en retour. Toutefois, outre que le téléfilm de Jean Paul Liliefeld souffre d’un manque cruel de moyens, le réalisateur dilue inopportunément son propos (une cartographie de la peur dans nos sociétés actuelles, excellent sujet pour un Dossiers de l’écran particulièrement explosif) dans des intrigues secondaires sans grand intérêt.
La tragédie qui advient du côté des portes cadenassées de cette salle de classe transfigurée en petit théâtre des humiliations quotidiennes est si captivante, troublante, voire surréaliste, que l’agitation venant de l’extérieur paraît comme plaquée. Les violents échanges entre Isabelle Adjani (exaltée et abîmée, occasionnellement triviale) et sa classe de jeunes égarés intolérants, sans autre avenir que celui tout tracé par leurs propres contradictions, auraient mérité de ne pas se laisser phagocyter par une accumulation de clichés : les mésaventures conjugales d’un négociateur au bord de la crise de nerfs (Denis Podalydès, bien falot) et la charge conjointe contre les médias**, des services de l’ordre excités de la gâchette (l’ahurissant Yann Colette, égal à lui-même) et une ménagerie politique aussi méprisante que paternaliste.
Mais Jean-Paul Lilienfeld peut être reconnaissant envers son actrice principale. Cette diablesse d’Adjani parvient à nous émouvoir sans que l’on arrive à déterminer si la tristesse qui nous étreint est inspirée par le destin tragique de son personnage ou la carrière chaotique d’une grande comédienne hantée par son image.
* La mythologie adjanienne est parfaitement exploitée, de ses débuts à la Comédie Française à ses origines kabyles, en cheminant par les dangers de haute solitude d’une starisation poussée à l’extrême
**A noter que Jackie Berroyer est parfait (cela devient une habitude) en chef d’établissement, prompt devant les caméras du journal télévisé à accabler son employée, montrant pour elle le même mépris sexiste que ses élèves manifestent à l’endroit de leurs congénères féminines

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Photos © Rezo Films
[La journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld_2009_avec Isabelle Adjani, Denis Podalydès, Yann Collette, Nathalie Besançon, Khalid Berkouz, Yann Ebongé, Sonia Amori, Kevin Azaïs, Sarah Douali, Marc Citti]

16/03/09

Clive et Naomi contre la World Company [L'enquête/The International]

Les médias nous le répètent à tour d’éditos, la banque est devenue le nouveau Satan à combattre… Alors, s’inspirant insidieusement de l’obscène faillite qui a abattu la BCCI* en 1991, Tom Tykwer et son scénariste Eric Singer lancent Louis Salinger, un agent d’Interpol, aux trousses d’une multinationale aux activités fort peu catholiques : blanchiment d’argent, terrorisme, corruption, assassinat, sponsoring de putschs en tous genres…
Effets pervers de la mondialisation, si Lola** se contentait de courir dans les rues berlinoises pour sauver la vie de son bien-aimé, Salinger, lui, cavale de Berlin à New York après un détour par Milan pour achever sa course à Istanbul, et prévoit au passage de sauver le monde des griffes tentaculaires des cyniques qui jouent l’avenir de la planète à coups de prêts revolving.
Et c’est là que le bât blesse…
Manifestement, après une entrée en matière des plus prometteuses, Tom Tykwer n’a pas su choisir entre le traitement sérieux, voire dépressif, d’une enquête chiffrée, minutieuse, quasi-clinique et l’entertainment emballé c’est pesé d’un James Bond ou d’un Jason Bourne***, avec ce que cela implique de scènes d’action rondement orchestrées mais qui se révèlent ici tout aussi invraisemblables que le côté increvable du personnage principal.
Reconnaissons-le honnêtement, le seul intérêt de ce film est son acteur, Clive Owen, dont on apprécie une fois encore le regard perdu et mélancolique de l’intégrité faite homme. Et dès que l’histoire débute, Clive a sa tête des mauvais jours… Il n’y a guère trop de raisons à cela : 1/ c’est bientôt la fin du monde (comme dans Children of men/Les fils de l’homme d’Alfonso Cuarón_2006), 2/ sa femme le trompe avec Jude Law – idée saugrenue s'il en est ! – (comme Julia Roberts dans Closer de Mike Nichols_2005), 3/ il vient de se rendre compte que le scénario est cousu de fil blanc ou 4/ qu’il ne couchera pas avec Naomi Watts (la pauvrette en est réduite à jouer les utilités), ce qui peut définitivement déprimer un homme n’en doutons pas…
Ajoutons à cela des scènes de poursuites effarantes où le bouillant Salinger — ex-Scotland Yard, fils caché de Sherlock Holmes (car médecin légiste à ses heures perdues) et héritier spirituel de Colombo (pour l’imper craspec) — se balade placidement pistolet en main dans les rues milanaises ou turques sans que cela émeuve les figurants qui le cernent… Et n'oublions pas les dialogues d’un ridicule achevé (pour ceux qui souhaitent creuser plus avant et rire un peu, rendez-vous sur la route du cinéma ) et une interprétation ad hoc.
Outre la Naomi qui essaie vainement de participer, le spectateur a la joie de voir débarquer Armin Mueller-Stahl, son partenaire dans Eastern Promises/Les promesses de l’ombre de David Cronenberg_2007 (inutile que les femmes rêvassent, il n’y avait pas de scène de hammam prévue au contrat de Clive Owen...), qui se plait depuis Music Box de Costa Gavras_1990 à jouer les affreux de service dès que l’occasion lui en est offerte (ici, en ex-crapule de la Stasi, l’acteur paraît bien las et assure le minimum syndical… Gloussements assurés devant la scène de "retournement" où ce grand naïf de Salinger en appelle à son idéal communiste).
Le grand manitou est interprété par Ulrich Thomsen (bien plus incisif en fils abusé dans Festen de Thomas Vinterberg_1998), tellement transparent en tête froide et condescendante de l’hydre financière qui nous contrôle, nous ment et nous spolie qu’il nous faut nous forcer pour y croire un peu… et éviter de s’esclaffer lorsque survient le dénouement, d’une féroce stupidité.
Le comble du copier-coller intervient lors d’un "morceau de bravoure"**** d’une gratuité exemplaire, soit la destruction du musée Guggenheim, éparpillé façon puzzle, par une bande de sagouins armés jusqu’aux dents et Salinger (jamais en reste quand il s’agit de faire le coup de feu) qui rappelle la cacophonie d’un Shoot'Em Up***** de sinistre mémoire et rompt totalement avec une mise en scène certes un peu prévisible mais nettement plus sinueuse et discrète.
Il est en conséquence plus que temps de retirer tout flingue à Clive Owen et de le remettre à la roulette****** !

* Bank of Credit and Commerce International, fondée en 1972 et basée au Pakistan
** Lola rennt/Cours, Lola, cours de 1999 avec Franka Potente
*** Clive Owen se fait d’ailleurs abattre par Matt Damon au cours d’une bucolique et haletante chasse à l’homme dans La mémoire dans la peau/The Bourne Identity de Doug Liman_2002, premier épisode des aventures de Jason Bourne
**** Vraie fausse bonne idée que cette fusillade en règle. Il est d’ailleurs étonnant de voir cette scène mise à l’honneur sur l’affiche originale, induisant ainsi le spectateur en erreur par la présence aux côtés de Clive Owen de l’interprète féminine, totalement absente du massacre.
***** Cartoon bruyant de Michael Davis_2007 avec Clive Owen, Paul Giamatti et l’inénarrable Monica Bellucci
****** Comme dans le remarquable Croupier de Mike Hodges_1999

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Photos © Sony Pictures Releasing France
[L’enquête/The international de Tom Tykwer_2009_ avec Clive Owen, Naomi Watts, Armin Mueller-Stahl, Ulrich Thomsen, Jack McGee, Victor Slezak]

15/03/09

Pleurez pleurez Bashung


Malédiction !
Après un triple triomphe (meilleurs interprète masculin, album et spectacle de l’année) aux Victoires de la Musique le 28 février dernier, Alain Bashung, résident de la république, après avoir chahuté Joséphine et susurré imprudemment l’une des plus belles aubades jamais consacrées au plaisir féminin, n’aura pas eu le temps de tuer la pianiste. Il vient de passer le Rio Grande à l’âge de 61 ans et n’a pas fini de nous manquer, à Sousse ou ailleurs.
[...] Je tuerai la pianiste
Afin que l'on sache
Que la vie d'artiste
N'est pas rose, n'est pas sans tache
Comme un navire qui tangue
Qui rend ses attaches
Je tuerai la pianiste
Afin que l'on sache
Que quelque chose existe
En dehors de ça

[...] Je tuerai la pianiste
Qui n'a pas su m'aimer
Dans la chambre je pleure
Où l'amour se cache
Je tuerai la pianiste
Afin que l'on sache
Que quelque chose existe

[...] Je tuerai la pianiste
Pour ce qu'elle a fait de moi
Chaque jour que Dieu fait
Chaque semaine, chaque mois
Et quand ce sera fait
Que le jour se lèvera
Par l'entrée des artistes
Quand on saura que c'est moi
Alors je m'en irais [...]
Sur l'album Bleu Pétrole_2008_Gérard Manset, Gaëtan Roussel et Alain Bashung
Photos © Richard Schroeder, Ludovic Carême, Pierre Wetzel

Madame rêve (Pierre Grillet /Alain Bashung)
sur l’album Osez Joséphine_1991
Réalisation Paule Muret
Avec la participation de Fanny Ardant



La nuit je mens (Jean Fauque/Alain Bashung)
sur l’album Fantaisie militaire_2006
Réalisation Jacques Audiard



Résidents de la république (Gaetan Roussel/Alain Bashung)
sur l’album Bleu pétrole_2008
Réalisation Christophe Acker
Avec la participation de Melvil Poupaud


Je t’ai manqué (Gaetan Roussel/Alain Bashung)
sur l’album Bleu pétrole_2008


Bande annonce
J'ai toujours rêvé d'être un gangster de Samuel Benchetrit_2008,
dernière apparition au cinéma face à Arno

09/03/09

Souriez, vous êtes périmés [Watchmen]

1985… Alors que la Grande Bretagne ploie sous le joug thatchérien, le monde est stone dans l’univers parallèle sorti de l’imagination de ce sacré misanthrope d’Alan Moore – grand démolisseur de super héros devant l’éternel - et de son complice Dave Gibbons. Le temps a suspendu son vol à minuit moins cinq sur l’horloge de l’apocalypse et tous espèrent que les leaders des deux super puissances cessent de jouer à je te tiens tu me tiens par la centrale nucléaire. Car dans cet univers alternatif, la guerre froide est d’actualité, les gros états désunis ont gagné au Vietnam et voilà que Tricky Dick Nixon (interprété par Robert Wisden grimé comme le casting de Dick Tracy de Warren Beatty_1990, et affublé du nez de notre Depardieu national) en est à son cinquième mandat — après avoir balayé d’un ricanement ces deux hurluberlus de Bernstein et Woodward — inévitablement flanqué de Kissinger et d’une soldatesque de la table ronde directement inspirée des joyeux drilles qui folâtraient dans le Dr Folamour/Dr Strangelove de Stanley Kubrick_1964.
Comment ce cauchemar a-t-il débuté ? Par un stupide incident au cours duquel un scientifique (Billy Crudup, jumeau de Jim Caviezel, en moins christique) totalement désintégré s’est réincarné tel le phœnix en une mystérieuse créature translucide, dotée de pouvoirs extraordinaires : régénération, don de seconde vue, roi de la téléportation (le capitaine Kirk et son pote Spock peuvent garder leurs pyjamas), sorte de grand Schtroumpf exhibitionniste plus connu sous le pseudonyme de Dr Manhattan et dont le gouvernement va faire son arme d’intimidation massive favorite*…
A ce vrai super héros hyper sensible (car sous toute cette électricité bat un petit cœur romantique et naissent de hautes pensées d’idéal et de fraternité), qui finira d’un pet par s’exiler sur Mars pour y créer des petits joujoux en 3D, va s’adjoindre une bande de loufdingues névrosés aux âmes de justicier, adeptes du déguisement louche et du second degré douteux. Inutile de préciser qu’ils sont tous assis à l’extrême droite d’Attila** et que leurs convictions feraient passer Dirty Harry pour un aimable gauchiste.
Ainsi Le comédien (Jeffrey Dean Morgan, clone du Javier Bardem version mocheté de Perdita Durango de Álex de la Iglesia_1997), rigolard tout en dents, est-il avant tout invétéré fumeur, alcoolique, séducteur du genre bondage, assassin à l’occasion, toujours prompt à en découdre sauvagement avec les pacifistes et a une manière toute personnelle d’échapper aux recherches en paternité… En bref, ce dégénéré est fondamentalement super infréquentable. Alors que l’affreux se fait dégommer dès le début du film, les miaulements suaves de Nat King Cole susurrant son Unforgettable en guise d’oraison funèbre, on se dit qu’il ne va pas être super regretté… Et pourtant, c’est ce meurtre qui va pousser ses anciens compagnons à sortir de la retraite où les a confinés une loi inique votée par un gouvernement ingrat.
Rorschach (excellent Jackie Earle Haley, remarqué en pédophile dans Little children de Todd Field_2007), un résidu de fausse couche, laid comme un pou et total sociopathe se camouflant sous un masque arborant le fameux test (gare à quiconque essaie de le regarder dans les taches, c’est le haut-le-cœur assuré), aurait pu comme tous les garçons méprisés par leur mère, devenir serial killer ; il a préféré faire vigilante par haine de la barbarie. Son sens de la justice expéditive ferait passer Charles Bronson pour un petit chanteur à la croix de bois. Doté d’un sens de la répartie qui tue et d’un sang-froid à toute épreuve, il se révèle surtout à l’usage super suicidaire.
Tout à sa super théorie du complot, il s’en va réveiller Hibou junior (le très mollasson Patrick Wilson***), être veule et gris, étouffé par la flamboyance de son paternel ( Stephen McHattie) et plus préoccupé par sa libido que par l’idée de reprendre le flambeau. Le fiston étant une super pucelle, quel n’est pas son bonheur lorsqu’il est contacté au même moment par Le Spectre Soyeux seconde génération (Malin Akerman****, guère à son aise), fille de la super hot Sally (Carla Gugino, divine, mais que l’on voit trop peu) et accessoirement amante du Dr Manhattan.
Cette super gourdasse, renonçant à une folle nuit en compagnie des clones que son cher et tendre a créé pour s’occuper de son fameux Spectre, ne trouve rien de mieux que de se lancer à l’assaut de l’oisillon (dont les rêves mouillés mettant en scène roulage de patin sur fond de champignon atomique valent leur pesant de neutrons !) tout revigoré après un rendez-vous galant. Au programme : destruction à coup de tatanes des squelettes d’une bande d’ignobles, sauvetage d’un immeuble en flammes d’une armée de travailleurs clandestins… Bref, la routine…
Le club des gais lurons (nous tairons ici ce que cet homophobe d’Hancock de Peter Berg_2008 pense des garçons en collant) ne serait pas complet sans Ozymandias, (Matthew Goode*****), Adrian Veidt dans le civil, blondinet aux yeux bleus ressemblant à s’y méprendre à Siegfried sans son Roy, fasciné par la grandeur pharaonique de Ramsès, un joli garçon tout simple en somme, homme d’affaires sournois et super mercantile … Accompagné d’un bestiau qu’il nomme sa beauté, l’Adrian, secoué de pulsions destructrices, se la joue de préférence super zoophile pour qui la fin justifie les moyens...
Et tout ce beau monde de nous être présenté en détail : leurs blessures d’enfance, leurs (basses) œuvres, leurs problèmes psychologiques, leurs espoirs, leurs dépendances, leurs hantises, leurs (à) côtés humains, trop humains lorsque leurs masques tombent… Sans compter que flotte sur cette aventure un parfum de nihilisme exacerbé par les ruines de Ground Zero******.
Si l’on en croit les connaisseurs et amoureux du roman graphique de Moore et Gibbons comme Rob Gordon, Zack Snyder a rempli son contrat. Succédant aux essais avortés de Terry Gilliam, Darren Aronofsky ou Paul Greengrass, la fidélité du script et le respect avec lequel il a abordé le comic ont été unanimement loués. On peut cependant rêver à ce qu’auraient apporté l’imagination délirante de l’ex-Monty Python ou le sens du rythme du réalisateur des aventures de Jason Bourne, mais force est de reconnaître que l’on ne s’ennuie pas une seconde lors des trois heures que dure le film.
Bien sûr, Zack Snyder (qui ne peut s’empêcher de s’autociter en un rapide clin d’œil à 300, inénarrable reconstitution de la bataille des Thermopyles orchestrée par des spartiates postillonneurs aux muscles hypertrophiés) ne peut résister à ses péchés mignons : ralentis intempestifs, effets spéciaux envahissants, mauvais goût assumé, scènes de sexe d’un ridicule achevé (ah ! cette obsession des pectoraux sculptés et fessiers rebondis...). Mais un humour noir de très bon aloi baigne toute cette tragédie à ne pas trop prendre au sérieux, sous peine de dépression immédiate.
La bande originale offre un regard distancié sur les événements et achève d’emporter notre adhésion à cette histoire pleine de bruit et de fureur qui signifie beaucoup et plus amusante qu’il n’y paraît (notamment lorsque notre chouette trouve enfin le mode d’emploi de la Soyeuse et que le Hallelujah de Leonard Cohen retentit. Ces deux-là forment le couple de super héros le plus affligeant depuis Batman et Robin !).
Réalisé dans de superbes décors signés Alex McDowell (The Crow de Alex Proyas_1994, Crying Freeman de Christophe Gans_1996, Fight Club de David Fincher_1999 ou encore Minority report de Steven Spielberg_2002), le film bénéficie d'un somptueux générique, bourré jusqu’à la gueule de références de toute beauté, bercé par The Times They Are A-Changin' de Bob Dylan où le réalisateur******* condense vingt années de super héroïsme parfaitement illégitime et déglingue allègrement les mythes entre crimes crapuleux, corruption généralisée, suicides et peoplisation effrénée.
Et pour les néophytes, l’auteur de ces lignes (qui va se plonger avec délices dans les 12 chapitres du comic) ne saurait trop leur conseiller de se délecter également du reader's digest hilarant de Pascale sur la route du cinéma qui leur permettra de mieux appréhender les méandres de ces troublantes chroniques des justiciers (dé)masqués…
* Ainsi, le géant bleu ira-t-il humer l’odeur du napalm au petit-déjeuner (Hélicos d’Apocalypse now et les Walkyries de Wagner de rigueur) et verra-t-il les Việt Cộngs se prosterner devant sa mâle assurance… en l’occurrence un slip Eminence poutres apparentes porté pour l’occasion. Il faut effectivement préciser que si ce bon docteur se balade la plupart du temps dans le plus simple appareil, il a une certaine tendance à se ridiculiser dès qu’il sort dans le monde, augmentant l’obscénité de sa condition inhumaine en portant caleçon ou costume trois-pièces…
** Rendons à César… La formule est de John Carpenter (Interview dans les bonus DVD d’Escape from NewYork/New York 1997_1981)
*** Remarqué en pédophile (décidément !) visqueux dans Hard candy de David Slade_2006 en mari infidèle et lâche irrévocablement séduit par Kate Winslet dans Little children de Todd Field_2007 et en voisin velléitaire terrorisé par Sam Jackson dans Harcelés/Lakeview Terrace de Neil LaBute_2008)
**** Découverte en femme très imparfaite de Ben Stiller dans le film des Farrelly, La femme de ses rêves/The Heartbreak Kid_2007 et totalement méconnaissable ici sous sa moumoute
***** Vu en brun dans Match Point de Woody Allen_2005 mais quelle fille normalement constituée remarquerait un grand dadais quand Jonathan Rhys-Meyers croise dans les parages ?
****** Watchmen éclaire d’un jour nouveau la destruction de Manhattan, et nous révèle incidemment la véritable identité de l’assassin de John F. Kennedy. Et non, ce n’était pas un mari jaloux…
******* Secondé par la société yU+Co. Le générique peut être visionné (et écouté) à l'adresse suivante : lebuzz.info voyez-le-generique-douverture-de-watchmen-en-integralite

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Interview de Zack Snyder
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Photos © Paramount Pictures France
[Watchmen - Les Gardiens/Watchmen de Zack Snyder_2009_avec Jackie Earle Haley, Patrick Wilson, Matthew Goode, Billy Crudup, Malin Akerman, Carla Gugino, Stephen McHattie, Jeffrey Dean Morgan]

01/03/09

Go ahead, Mr Eastwood, make my day [Gran Torino]

Excellente nouvelle pour tous les Clintophiles, son dernier opus — véritable film-somme — est à hurler de rire. Le papy indigne (78 ans au compteur quand même) s’est offert le rôle gratiné de Walt Kowalski, vétéran aigri de la guerre de Corée, veuf misanthrope au langage ordurier, qui lui permet de parodier intelligemment les "héros" qui ont fait sa gloire ou son infamie, allant de l’implacable tueur désespéré d’Impitoyable/Unforgiven_1992 (qui reprenait goût au bonheur grâce à l’amour d’une prostituée défigurée) à L’inspecteur Harry (le get off my lawn de Kowalski vaut bien le make my day* du Dirty Harry immortalisé par Don Siegel en 1971) en passant par cette baderne de Maître de guerre/Heartbreak Ridge_1986 (Kowalski remplace néanmoins les pompes guerrières et exercices martiaux par des travaux d’intérêt général en envoyant son petit soldat retaper les maisons du quartier), tout en évitant soigneusement le pathos qui engluait les dernières scènes de son Million Dollar Baby_2005.
Nonobstant, Gran Torino, tout en rendant un bel hommage à tous les émigrants qui ont bâti et contribué à la grandeur des Etats-Unis, est également un gros glaviot balancé en pleine poire de l’Amérique blanche triomphante, raciste, va-t-en guerre et ultra-conservatrice, qui a déjà bien failli avaler son extrait de naissance en voyant Barack Obama entrer à la Maison Blanche…
Accessoirement, Clint Eastwood en profite pour régler définitivement ses comptes avec une carrière schizophrénique et les personnages hauts en couleurs et très ambivalents qu’il n’a jamais hésité à incarner avec un enthousiasme qui lui attira, tout au long de sa vie professionnelle, l’ire des censeurs de tous poils oubliant généreusement que le bonhomme — grand masochiste devant l’éternel — n’a jamais été le dernier à se flageller (au propre comme au figuré) et que même dans ses films les plus extrémistes, les dames y ont souvent eu le dernier mot (tout le casting féminin des Proies/The Beguiled de Don Siegel_1970, Sondra Locke dans L’épreuve de force/The Gauntlet_1977 et Sudden impact_1983 ou la délicieuse Geneviève Bujold dans La corde raide/Tightrope de Richard Tuggle_1984, entre autres**).
Ici, son vieux gâteux sombrant dans l’alcoolisme, confit dans la haine, le remords et les regrets, n’a plus d’autre interlocutrice qu’une vieille chienne, sourde comme un pot, ce qui explique que la pauvre bête ne lui ait pas encore sauté à la gorge à l’écoute de son énième radotage sur les étrangers qui ont envahi sa banlieue chérie (Gran Torino offre également un point de vue unique sur une communauté mal connue fréquentée par le scénariste, Nick Schenk, les Hmongs***) ou la médiocrité de ses enfants, traitres à la patrie et à la mémoire de leur père puisqu’ils n’hésitent pas à s’exhiber dans des voitures japonaises à Detroit, capital américaine de l’automobile, berceau des usines Ford d’où est sortie la Gran Torino qui fait sa fierté de mécano.
L’ancien en rajoute dans le bougonnement rauque, le crachat, l’insulte, l’aparté, bref il est bon pour le cabanon… et c’est bien ce que songe le cancer qui le ronge. Ses échanges fleuris avec ses camarades de chambrée (coiffeur italien ou chef de chantier irlandais), outre qu’ils rappellent une époque pas si lointaine où les émigrés européens, après avoir massacré les gens du cru, se battirent comme des chiffonniers pour le partage du territoire, ne sont pas moins absurdes que les rites d’initiation des gangs (Il est d'ailleurs relativement jouissif pour le vieux grigou d’apprendre que sa guimbarde fait l’objet de toutes les convoitises****) et font passer Harry Callahan pour un enfant de chœur*****.
Suite à un accès de forte méchante humeur où il fait fuir une troupe de malfaisants, sauvant bien involontairement la mise au jeune garçon de la maison voisine, il voit sa triste existence bientôt envahie par un espoir de bonheur, de partage, de rédemption et de respect mutuel grâce aux émigrés Hmong qui l’encerclent désormais. L’ancêtre étant toujours fort sensible aux charmes de la gente féminine******, il n’est pas chose malaisée à la sœur aînée, Sue (parfaitement intégrée, possédant en sus d’un fort joli minois un solide sens de l’humour et de la répartie cinglante) de faire sa conquête, ni aux membres de la communauté de le corrompre grâce à une nourriture aux parfums plus subtils que le bœuf séché dont il a fait son ordinaire depuis la mort de son épouse.
Evoquant tour à tour le Charles Bronson******* d’Un justicier dans la ville/Death Wish de Michael Winner_1974 (notamment lorsque voulant sauver Sue cernée par trois membres d’un gang afro-américain qui ont pris à parti son compagnon, jeune blanc-bec stupide ayant adopté leurs tics de langage, il leur mime un flingue de la main avant de brandir une arme véritable) ou le John Wayne des Cow-boys/The cowboys de Mark Rydell_1972, film dans lequel le grand héros américain apprenait à une bande de jeunes morveux à devenir des hommes, des vrais, le réalisateur enfonce à nouveau le clou qui blesse, confirme et signe.
Il n’a jamais été l’héritier de John Wayne. Comme Sergio Leone le faisait remarquer en rigolant, l’homme sans nom de ses westerns était parfaitement capable de tirer dans le dos de ses semblables et de n’en éprouver aucun remords. Inversement au choix du Dernier des géants/The Shootist_1976 où son vieil ami Don Siegel offrait à la star atteinte d’un cancer une fin digne de sa légende, Clint Eastwood décide que son Walt Kowalski mérite de soigner sa sortie en faisant la nique à sa famille qu’il méprise, au jeune prêtre qui le poursuit de ses assiduités et dont il botterait bien le cul pour avoir eu autant "d’intimité" avec sa chère et tendre lors de la maladie qui l’a emportée (ne lègue-t-il pas sa maison à l’église juste histoire d’être jusqu’au bout un père indigne ?), à son créateur et aux spectateurs qui attendent impatiemment que l’infâme retraité révolvérise toutes les terreurs du quartier.
Devenu un vestige dans une Amérique de flingueurs arrogants à bout de souffle, Eastwood le dinosaure tourne le dos à ses démons, s’efface élégamment en protégeant l’avenir de la nouvelle génération (contrairement aux lardons du film de Mark Rydell qui atteignaient le rang d’homme par un crime de sang) et raccroche les gants. Définitivement ? Well, what do ya think, punk ?

* Go ahead, make my day est la proposition faite par Harry Callahan, héros de Sudden Impact/Le retour de l’inspecteur Harry réalisé en 1983 par Clint Eastwood, au complice des deux braqueurs d’une cafétéria qu’il vient d’abattre. Dialoguiste : Joseph C. Stinson

** Sans oublier la vénéneuse Jessica Walter qui manque lui faire la peau dans son second film, Un frisson dans la nuit/Play Misty for me_1972 et, dans un registre délibérément comique, Shirley MacLaine dans Sierra Torride/Two mules for sister Sara de Don Siegel_1970 où l’actrice déguisée en nonne fait tourner en bourrique le cow-boy mal dégrossi luttant contre ses idées libidineuses qu'incarne un Eastwood totalement dépassé

*** Pour avoir, de gré ou de force, combattu aux côtés des envahisseurs français et américains lors des guerres d’Indochine et du Vietnam, les Hmongs, montagnards originaires du Laos, sont aussi honnis et méprisés que les Harkis et comme eux, ont souffert de l’ingratitude des démocraties auxquelles ils se sont alliés. Ceux qui souhaitent parfaire leurs connaissances sont invités à lire l’excellent — mais éprouvant — témoignage de Cyril Payen Laos, la guerre oubliée (Editions Robert Laffont_2007)

**** Dialogue extrait du Bon, la brute et le truand/Il buono, il brutto, il cattivo de Sergio Leone_1966. Scénario d’Age & Scarpelli.
Man With No Name : You see, in this world there's two kinds of people, my friend: Those with loaded guns and those who dig. You dig.
Comme l’homme sans nom, Walt Kowalski estime que le monde se divise en deux : les émigrés européens, qui possèdent éventuellement une Ford Gran Torino, et la nouvelle génération de réfugiés — latinos, asiatiques — qui essaient de la lui piquer.

***** Dialogue entre Harry Callahan, son nouveau co-équipier d’origine mexicaine (incarné par Reni Santoni) sous l’œil sardonique d’un collègue (interprété par John Mitchum), extrait de Dirty Harry de Don Siegel_1971. Scénario de Harry Julian Fink, Rita M. Fink et Dean Riesner.
Gonzales : There is one question, Inspector Callahan: Why do they call you "Dirty Harry"?
De Georgio : Ah that's one thing about our Harry, doesn't play any favorites! Harry hates everybody: Limeys, Micks, Hebes, Fat Dagos, Niggers, Honkies, Chinks, you name it.
Gonzales : How does he feel about Mexicans?
De Georgio : Ask him.
Harry Callahan : Especially Spics.
La longue litanie raciste de Walt Kowalski finit par faire rire devant tant d'obstination crétine et fait songer au fameux sketch de l’irascible comique Lenny Bruce, que l’on peut entendre dans le biopic que Bob Fosse lui a consacré en 1974 où il est interprété par Dustin Hoffman, d'après un scénario de Julian Barry.
Are there any niggers here tonight? Could you turn on the house lights, please, and could the waiters and waitresses just stop serving, just for a second? And turn off this spot. Now what did he say? "Are there any niggers here tonight?" I know there's one nigger, because I see him back there working. Let's see, there's two niggers. And between those two niggers sits a kike. And there's another kike— that's two kikes and three niggers. And there's a spic. Right? Hmm? There's another spic. Ooh, there's a wop; there's a polack; and, oh, a couple of greaseballs. And there's three lace-curtain Irish micks. And there's one, hip, thick, hunky, funky, boogie. Boogie boogie. Mm-hmm. I got three kikes here, do I hear five kikes? I got five kikes, do I hear six spics, I got six spics, do I hear seven niggers? I got seven niggers. Sold American. I pass with seven niggers, six spics, five micks, four kikes, three guineas, and one wop. Well, I was just trying to make a point, and that is that it's the suppression of the word that gives it the power, the violence, the viciousness. Dig: if President Kennedy would just go on television, and say, "I would like to introduce you to all the niggers in my cabinet," and if he'd just say "nigger nigger nigger nigger nigger" to every nigger he saw, "boogie boogie boogie boogie boogie," "nigger nigger nigger nigger nigger" 'til nigger didn't mean anything anymore, then you could never make some six-year-old black kid cry because somebody called him a nigger at school.
****** Clint Eastwood, tout émoustillé par le charme ravageur de sa jeune actrice, l’exquise Ahney Her, nous offre en prime son sourire de grand gala en rappel savoureux du vieux séducteur impénitent incarné par Donald Sutherland, un des héros cacochymes de son Space cowboys_2000

******* Une autre scène évoque à nouveau Charles Bronson, à qui Sean Penn offrit en 1991 un de ses plus beaux rôles dans son superbe The indian runner, où veuf dépressif il appelle son fils aîné avant de se suicider. La différence est de taille : l’amour filial indéfectible qui lie les protagonistes du film de Penn (acteur pour Eastwood dans le crépusculaire Mystic river_2003, tragédie familiale hantée par les remords et les trahisons) qui fait totalement défaut ici, excepté de manière détournée, lorsque Walt Kowalski décide de prendre sous une aile paternelle quelque peu handicapée le jeune asiatique qui héritera de ses seuls biens, sa voiture et son clébard
Source des dialogues : The Internet Movie Database (IMDb)

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Interview de Clint Eastwood

Photos © Warner Bros. France
[Gran Torino de Clint Eastwood_2009_avec Clint Eastwood, Bee Vang, Ahney Her, Geraldine Hughes, John Carroll Lynch, Cory Hardrict, Ashley Kowalski, Dreama Walker, Doua Moua]

Bel ennui [Bellamy]

Le cinéma de Claude Chabrol n’est jamais aussi bon que lorsque le réalisateur décide d’être cruel avec ses personnages.
Las, avec Bellamy, rôle taillé sur mesure pour Gérard Depardieu à qui il prête certains traits de leurs caractères respectifs (l’amour de la bonne bouffe, des vignobles, des dames… et l’horreur des voyages), le pourfendeur de la bourgeoisie provinciale s’est sacrément adouci (du moins en apparence, son film étrange s’achevant dans une noirceur des plus misanthropes…) et finit par ennuyer* avec une mise en scène poussive, à l’image de son commissaire aux neurones ralentis par la lumière trop crue du soleil nîmois et un physique somme toute aux proportions effarantes…
Le cœur n’a plus l’air d’y être et l’on se fiche comme d’une guigne (et Chabrol aussi sans doute aucun) de savoir qui a tué quoi et pour qui dans cette invraisemblable histoire d’arnaque à l’assurance. Certes, ce diable d’homme filme avec tendresse l'extravagante carcasse de Gérard Depardieu (bien loin de son interprétation en roue libre dans Diamant 13 de Gilles Béhat. Manifestement, le Gégé est content d’être là, c’est déjà ça !) et réussit à nous faire aimer son personnage, gros matou priapique, jaloux et égoïste. Ce n’est pas le moindre de ses talents… Par contre, on a parfois la sensation que le film a été tourné durant la digestion de l’équipe tant le rythme est mou, sans atteindre toutefois le mystère et la perversité qui transparaissent dans le jeu de Bruno Cremer, monumental commissaire Maigret télévisuel auquel le film rend indirectement hommage (le film est dédié à deux Georges, Brassens et Simenon).
Tout occupé à cadrer sa grosse bête envahissante, le réalisateur en oublie les comparses… et si l’acteur, plein de délicatesse, offre l’opportunité de briller à ses imposants côtés à l’exquis casting féminin, il n’en est pas de même pour les garçons qu’il étouffe allègrement. Clovis Cornillac, tout en aigreur avinée, essaie vainement d’exister face au facétieux couple Bunel/Depardieu et Jacques Gamblin (dans un triple rôle, quelle folie !) se perd sous ses masques divers et sombre dans l’hystérie et le parlé faux.
Les dames donc, comme toujours chez Claude Chabrol, s’en sortent finalement beaucoup mieux, à des degrés divers. Les deux Marie, Bunel et Matheron, nous offrent chacune une partition sans faute. Vahina Giocante, superbe, tente de renouveler son personnage de tentatrice mais se fait allègrement voler la vedette par une Adrienne Pauly, acide et excentrique (dans le rôle de Claire Bonheur… comment rater une interprétation avec un patronyme pareil !).
Ajoutons à cela une scène de plaidoirie qui vire à l’absurde (Rodolphe Pauly n’y pousse-t-il pas la chansonnette pour faire acquitter son client et accessoirement assassiner Brassens ?) et l’on regrette que Claude Chabrol, pépère entouré de sa petite famille**, nous ait refilé un de ses films de vacances réalisés sans trop d’efforts.

* Certains spectateurs se sont d’ailleurs laissés aller à une douce torpeur un tantinet bruyante, la faute sans doute aux fauteuils moelleux du Gaumont Opéra…
** Comme à son habitude, il a confié le sort musical de son dernier opus à son fils aîné Matthieu, le cadet, Thomas, fait une apparition éclair et — pince-sans-rire — crache sur la Star Ac’. De plus, la scénariste et dialoguiste Odile Barski est incidemment la maman des petits Pauly… N’en jetez plus !
PS. Les inconditionnels peuvent retrouver le Chabrol des grands jours dans une série d’interviews orchestrées par le site Allo Ciné sur la page : Claude Chabrol juge ses 50 ans de cinéma !

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Photos © TFM Distribution
[Bellamy de Claude Chabrol_2009_avec Gérard Depardieu, Clovis Cornillac, Jacques Gamblin, Marie Bunel, Vahina Giocante, Marie Matheron, Adrienne Pauly, Maxence Aubenas,Yves Verhoeven, Rodolphe Pauly]